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La Sophrologie Analytique

 

 

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- Pierre Dassigny -

 

 

Lorsque, dans les années 60, Alfonso CAYCEDO et ses collaborateurs re-créent la "Sophrologie" (méthode ancestrale qui propose d'ouvrir sa conscience au présent, une nouvelle façon positive d'être-dans-le-monde), c'est dans la volonté d'offrir à leurs contemporains un outil fiable permettant de réconcilier le corps et l'esprit et, surtout, d'optimiser le rapport fructueux entre ces deux parties de nous-mêmes trop longtemps dissociés par le monde occidental.

Relaxation, états modifiés de la conscience, rêve éveillé, techniques hypnotiques…autant de pistes, autant de tentatives de réponses pour activer notre "guide de ressources" intérieur et dépasser les effets invalidants et délétères des maladies psycho-somatiques. La technique sera vite approuvée et utilisée tant par les sportifs que par le monde médical.
Mais la sophrologie seule peut très vite s'apparenter à une gymnastique mentale apportant, certes, un mieux-être mais ne prenant pas assez en compte le terrain de l'inconscient. Jean-Pierre HUBERT, compagnon de recherche d'Alfonso CAYCEDO comprend cela et met en place les données de base de la "Sophrologie analytique" en s'appuyant sur les recherches de Sigmund FREUD, Carl Gustav JUNG, Sandor FERENCZI et Milton ERICKSON. La sophrologie analytique reprend le "mieux-être" sophrologique (conscience et vivance sophroniques) pour y apporter la notion de "plus-être".

Prendre en compte l'inconscient, c'est accepter les dimensions de refoulement, de pulsions, d'interdits (FREUD). C'est travailler avec la dimension symbolique et ses effets régénérants et restructurants (FREUD, JUNG) dans un rapport à l'autre prenant en compte le transfert et l'écoute active et bienveillante (FERENCZI, ERICKSON). La sophrologie analytique va donc résolument tenter de comprendre la fonction d'un symptôme (sa nécessité biologique et psychologique, l'idée majeure qu'il n'est pas là par hasard ! ) laissant vivre les symptômes, en les observant, en acceptant leur manifestation, fut-elle désagréable (attitude phénoménologique reprise des philosophies grecques et orientalistes) pour les placer à un moment juste de l'histoire du sujet et lui offrir des pistes de restructuration.

Il ne s'agit plus de faire cesser le symptôme mais de savoir pourquoi il est là et surtout par quoi il pourrait être remplacé. C'est en ce sens que la sophrologie analytique reconnaît la notion du "principe d'individuation" de Carl Gustav JUNG. C'est à dire la possibilité qu'a tout individu, à n'importe quel âge de sa vie, d'accepter les changements et de grandir au plus près de lui-même pour que sa vie ne reste pas un immense chantier désordonné et sans aucun sens.
Il s'agit donc d'une mise en projet existentiel pratique et profond et d'une vision de l'homme résolument optimistes,

sans duperie ou discours utopique ; pouvoir se mettre en acte, se réaliser, s'ouvrir pour accepter sa condition d'être-humain créatif et mature dans un monde en perpétuel devenir.

Alain Héril


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