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3. Roberto
Assagioli (1888-1974)
Comme Jung, le psychanalyste italien Roberto Assagioli*
peut être considéré comme un précurseur
du mouvement du Potentiel humain. C’est lui qui a
pour la première fois, à notre connaissance,
introduit de façon systématique l’idée
des niveaux de conscience, idée centrale des thérapies
transpersonnelles.
En plus de parler plusieurs langues vivantes, le psychanalyste
italien connaît le grec, le latin et le sanskrit ;
il s’intéresse à l’art, à
la religion et se propose très tôt (comme Jung,
avec lequel il correspond) d’élaborer une psychologie
scientifique qui tienne compte des aspects les plus élevés
de l’âme humaine.
Longtemps inconnu en dehors de quelques cercles, c’est
vers les années 1960, à la faveur du courant
humaniste américain, que la psychosynthèse
d’Assagioli sort de l’ombre. Comme Rogers* et
Maslow*, Assagioli est touché par le processus naturel
de croissance, par cette tendance en chacun de nous à
chercher la synthèse, l’harmonie entre les
différentes forces de la psyché. Il s’agit
là pour lui de la « pulsion fondamentale en
tout être vivant vers sa propre perfection ».
Pour cet ancien analyste, il s’agit donc de coopérer
avec ce processus naturel, avec cette tendance, cette pulsion
fondamentale vers le développement.
NIVEAU TRANSPERSONNEL
9.- Le Soi supérieur ou transpersonnel. C’est
le Soi de Jung, l’instance centrale du mandala psychique,
autour de laquelle s’unifie, s’individue la
totalité de l’être humain. Le Soi supérieur
ou transpersonnel est «le point de convergence des
énergies supra-conscientes, centre d’identité
et d’être plus profond, capable d’inclure
toute la réalité. C’est là que
se rencontre et se fondent individualité et universalité
».
8.- L’inconscient collectif supérieur (supra-conscient)
: ensemble des archétypes (rêves et mythes)
de niveau transpersonnel.
7.- L’inconscient supérieur ou supra-conscient
(que Freud a totalement ignoré). Il s’agit
de la « source de nos tendances les plus élevées
: amour et volonté altruistes, découvertes
philosophiques et spirituelles et recherche du but et du
sens des choses ».
NIVEAU PERSONNEL
6.- Le moi conscient ou « je ». C’est
le « Ich » de Freud, le centre du « champ
de la conscience », de la personnalité, qui
assume comme siens à la fois les activités
conscientes (perception, jugement, raisonnement, désirs,
choix, actions) et les contenus de l’inconscient personnel
: interdits, valeurs (surmoi) et pulsions (Ca). Le but de
la psychanalyse freudienne est d’instaurer ce Je :
« Là ou Ca était, Je dois advenir ».
Le soi personnel ou je, centre de l’identité
personnelle, est le centre de conscience et de finalité
autour duquel s’opère l’intégration
de la personnalité. « Ce pouvoir de conscience
du soi permet d’être clairement éveillé
sur ce qui se passe tant à l’intérieur
qu’à l’extérieur et de percevoir
sans distorsion ou défense, […] sans se laisser
troubler par les réclamations de la personnalité
et ses tendances à l’auto-justification. »
5.- Le champ de la conscience : c’est tout le domaine
des sensations, des émotions, des pensées,
des désirs, des intentions, des actions qu’un
sujet reconnaît sans difficultés comme siens
(le « conscient »* de Freud). Son centre d’intégration
est le Je.
4.- L’inconscient moyen, ou pré-conscient
: comme substantif, le terme de pré-conscient «
désigne un système de l’appareil psychique
nettement distinct du système inconscient ; comme
adjectif, il qualifie les opérations et les contenus
de ce système préconscient. Ceux-ci ne sont
pas présents dans le champ actuel de la conscience
et sont donc inconscients au sens descriptif du terme, mais
ils se différencient des contenus du système
inconscient en ce qu’ils restent de droit accessibles
à la conscience (connaissances et souvenirs non actualisés
par exemple). […] L’adjectif préconscient
qualifie ce qui échappe à la conscience actuelle
sans être inconscient au sens strict. »
3.- L’inconscient collectif moyen. Sous ce terme,
on peut regrouper toutes les données qui structurent
la conscience sans que celle-ci en soit consciente, notamment
les a priori d’une culture donnée et les structures
imposées par telle ou telle langue qui lui donnent
à la fois ses possibilités et ses limites.
NIVEAU PRE-PERSONNEL
2.- L’inconscient personnel de Freud, fait de souvenirs
d’enfance et de fantasmes essentiellement infantiles.
« Il est constitué de contenus refoulés
qui se sont vu refuser l’accès au système
préconscient-conscient par l’action du refoulement
(refoulement originaire ou refoulement après-coup)
».
1.- L’inconscient collectif inférieur. Ce
niveau est tout à fait intéressant. Il permet
de réserver une place à certains « archétypes
» (le terme étant pris dans un sens large),
à certains mythes qui ne sont pas transpersonnels
tout en étant présents dans l’inconscient
de tout être humain. Ce serait le cas, entres autres,
des mythe d’Œdipe, de Médée (la
mère dévorante), de Caïn et Abel (la
haine fratricide).
Au plan thérapeutique, la psychosynthèse
amène son patient à intégrer dans une
synthèse supérieure (transpersonnelle) les
différents petits moi et à ouvrir sir la totalité
de l’univers et de l’être. Elle amènera
à voir que chacun de ces petits moi – émotions,
projets, préoccupations, attachements, talents –
s’inscrit à l’intérieur d’un
Soi plus vaste et plus universel qui, même s’il
est présent en chacun des moi, ne s’identifie
à aucun d’eux. La psychosynthèse ne
néglige pas le niveau personnel et, du moins théoriquement,
la première étape tend à une intégration
de la personnalité autour du soi personnel (Je),
pour ensuite s’ouvrir aux énergies du soi transpersonnel
: amour altruiste, perspective globale, etc. En pratique,
les deux niveaux s’entrecoupent souvent et visent
l’avènement d’une personne totale, bien
intégrée au niveau du Je et aussi au niveau
du Soi. Seule cette intégration supérieure
atteint en profondeur la souffrance humaine.
Assagioli estime, en somme, que nous pouvons souffrir du
refoulement de nos pulsions érotiques et agressives
(ce sur quoi travaille la psychanalyse freudienne), mais
que nous pouvons également être affligés
du refoulement du sublime, du refoulement de notre nature
la plus élevée, de notre nature la plus élevée,
de notre inconscient supérieur ou supra-conscient,
siège de la vraie sagesse.
Pour atteindre ses fins, la psychosynthèse utilise
les méthodes les plus diverses, tenant compte de
la situation existentielle, des goûts, des talents
de chaque patient : imagerie guidée, méditation,
travail en art symbolique, journal personnel, développement
de l’intuition, etc.
Tant par ses buts que par ses méthodes, la psychoynthèse
est un parfait exemple de thérapie transpersonnelle.
Les approches varieront mais toujours on trouvera cette
idée qu’au-delà des états d’âmes
et des niveaux de conscience particuliers, au-delà
du Moi conscient, se trouve un noyau supérieur, supra-conscient,
universel, transcendant, que certains qualifieront d’éternel
et de divin, et que l’on peut découvrir grâce,
entre autres, à l’aide d’un thérapeute
expérimenté. Toujours aussi se trouvera la
conviction que c’est dans la découverte de
ce Soi supérieur que résident le bonheur et
la vraie guérison de la névrose.
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