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La phobie sociale, une maladie de la modernité
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Si la phobie est un phénomène universel,
son expression est fortement modulée par l'environnement
culturel et social. Un bon exemple de ces influences est
donné par la phobie sociale. On peut en effet se
demander comment un trouble aussi répandu et invalidant
a pu rester à l'écart des préoccupations
médicales pendant si longtemps, alors qu'il existait
déjà du temps d'Hippocrate, qui en avait fait
la description. La réponse tient sans doute - en
partie - à des facteurs sociologiques. Notre société
moderne est marquée par la fréquence des changements
tout au long d'une existence, comme les changements de domicile
et donc de voisins, de travail et donc de collègues,
etc. Tous ces changements posent beaucoup de problèmes
au phobique social, qui était plus à l'aise
autrefois dans une société où l'on
gardait en général les mêmes voisins
et les mêmes collègues toute sa vie. De plus,
notre culture procède à des jugements sociaux
rapides et superficiels. Lors d'un entretien d'embauche,
le candidat sera davantage jugé sur ses compétences
relationnelles que sur ses compétences réelles.
Or un phobique social a besoin de beaucoup de temps pour
se sentir à l'aise avec un interlocuteur. On observe
un nombre très élevé de personnes au
chômage ou occupant des emplois sous-qualifiés
par rapport à leur niveau de formation chez les phobiques
sociaux. Il est donc probable que si notre société
ne crée pas la phobie sociale, si elle n'est pas
la cause de ce type de troubles, du moins les révèle-t-elle
ou les amplifie-t-elle.
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