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Phobies et psychanalyse

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- Pierre Dassigny -

 

Pour les psychanalystes, les troubles phobiques ne sont que sont les symptômes apparents d'un conflit inconscient et le résultat de défenses destinées à protéger le « moi ». C'est ainsi qu'il conviendrait en quelque sorte de « respecter » cette formation inconsciente pour la raison qu'elle possède une fonction structurante. Débarassé de sa phobie, l'individu risquerait en effet de décompenser, c'est-à-dire de développer d'autres troubles plus graves encore. Dans l'exemple du petit Hans, un garçonnet de 5 ans, phobique des chevaux, Freud faisait l'hypothèse que ce garçon vivait une rivalité oedipienne angoissante avec son père : trop pénible à vivre consciemment, cette angoisse était l'objet d'un « refoulement ». Un second mécanisme inconscient, dit « déplacement », conduit à transférer l'objet de l'angoisse vers un objet de substitution, en l'occurrence les chevaux. Ce qui permet une relative extériorisation du conflit oedipien, car la peur d'être mordu dans la rue par un cheval représente, pour Hans, une menace moins redoutable que celle liée à l'« angoisse de castration », la crainte d'être puni par le père pour avoir voulu prendre sa place auprès de la mère. Selon la psychanalyse, les « névroses phobiques », terme dont l'usage est aujourd'hui en déclin, ont ainsi une fonction psychique bien déterminée : focaliser l'angoisse de sorte qu'un danger extérieur évitable se substitue aux dangers internes que sont les fantasmes inconscients.